Une ancienne maxime de sagesse dit :
« Lorsque tu entres chez quelqu’un, sois aveugle. Lorsque tu en sors, sois muet. »
Quelques mots seulement, mais une invitation profonde à réfléchir à notre manière de regarder les autres, de les juger et de parler d’eux.
Être « aveugle » ne signifie évidemment pas fermer les yeux sur tout, accepter l’inacceptable ou nier ce que nous ressentons. De la même manière, être « muet » ne signifie pas s’interdire de parler ou de poser ses limites.
Cette phrase nous invite plutôt à quelque chose devenu parfois difficile : entrer dans l’univers de l’autre sans immédiatement le comparer au nôtre, et en ressortir sans transformer ce que nous avons vu en jugement.
Une réflexion qui peut également faire écho au travail que nous réalisons en kinésiologie.
Nous regardons les autres à travers notre propre histoire
Lorsque nous rencontrons quelqu’un, nous avons parfois l’impression de simplement observer la réalité.
Pourtant, notre regard n’est jamais totalement neutre.
Notre éducation, notre histoire familiale, nos expériences, nos valeurs, nos peurs, nos réussites ou encore nos blessures influencent la manière dont nous interprétons une situation.
Face au comportement d’une personne, deux individus peuvent ainsi avoir des perceptions complètement différentes.
L’un dira :
« Il manque de confiance en lui. »
Un autre :
« Il est simplement réservé. »
Un troisième :
« Il est froid et distant. »
Pourtant, ils parlent tous de la même personne.
Cela nous rappelle une chose essentielle : ce que nous pensons de l’autre parle parfois autant de nous que de lui.
Pourquoi avons-nous besoin de juger ?
Le jugement est aussi une manière de classer rapidement ce qui nous entoure.
Bien ou mal.
Normal ou étrange.
Réussite ou échec.
Courageux ou faible.
Généreux ou égoïste.
Ces catégories nous donnent l’impression de mieux comprendre le monde. Mais elles peuvent également devenir très réductrices.
Car derrière un comportement visible existe souvent une histoire que nous ne connaissons pas.
Nous voyons une réaction, mais pas nécessairement ce qui l’a précédée.
Nous observons une décision, sans connaître toutes les hésitations qui l’ont accompagnée.
Nous voyons parfois quelques minutes de la vie d’une personne et nous imaginons comprendre l’ensemble de son histoire.
C’est peut-être là que cette maxime prend tout son sens : entrer chez quelqu’un en étant symboliquement aveugle, c’est accepter que nous ne savons pas tout.
Le regard des autres peut aussi devenir notre propre regard
Il existe une autre dimension particulièrement intéressante.
Depuis l’enfance, nous entendons des phrases sur ce que nous sommes :
« Tu es timide. »
« Tu es trop sensible. »
« Tu dois être fort. »
« Tu n’es pas fait pour ça. »
« Dans notre famille, nous sommes comme ça. »
Certaines paroles disparaissent rapidement. D’autres peuvent devenir des croyances que nous finissons par intégrer.
Progressivement, nous ne nous demandons même plus si elles sont vraies.
Nous les répétons intérieurement.
Le jugement extérieur peut alors devenir un jugement intérieur.
Et parfois, ce n’est plus quelqu’un d’autre qui nous limite : c’est la représentation que nous avons construite de nous-même.
Quel lien avec la kinésiologie ?
Dans ma pratique de kinésiologue à Clermont-Ferrand, cette question des croyances et des schémas personnels occupe une place importante.
La kinésiologie ne consiste pas à juger une réaction ou à décider de ce qu’une personne devrait être.
Elle propose au contraire un espace où l’on peut essayer d’observer différemment ce que l’on vit.
Pourquoi certaines situations provoquent-elles toujours la même réaction ?
Pourquoi le regard des autres prend-il autant de place ?
Pourquoi certaines remarques nous touchent-elles profondément alors que d’autres semblent glisser sur nous ?
Pourquoi avons-nous parfois besoin d’être constamment reconnus, rassurés ou approuvés ?
Au fil d’une séance, le travail peut permettre d’explorer les émotions, croyances et associations personnelles liées à une situation.
L’objectif n’est pas de chercher un coupable.
Il est plutôt de retrouver davantage de liberté dans notre manière de vivre ce qui nous arrive.
Être « aveugle » au jugement, mais pas à l’autre
Cette maxime pourrait finalement être légèrement reformulée :
Voir la personne plutôt que ses défauts.
Nous pouvons observer sans forcément condamner.
Nous pouvons être en désaccord sans dévaloriser.
Nous pouvons ne pas comprendre le choix d’une personne tout en reconnaissant qu’il existe probablement une histoire derrière ce choix.
Cette attitude envers les autres peut également devenir une attitude envers soi.
Et si nous arrêtions parfois de nous regarder uniquement à travers nos défauts ?
Et si, au lieu de penser :
« Pourquoi suis-je encore comme ça ? »
nous nous demandions :
« Qu’est-ce que cette réaction raconte de mon histoire ? »
La nuance semble petite. Pourtant, elle change complètement le regard porté sur soi.
Et si le silence était parfois une forme de respect ?
« Lorsque tu sors de chez quelqu’un, sois muet. »
Dans une époque où tout peut être commenté, partagé et jugé rapidement, cette deuxième partie de la maxime mérite peut-être encore davantage notre attention.
Tout ce que nous voyons n’a pas besoin d’être raconté.
Tout ce que nous pensons n’a pas nécessairement besoin d’être exprimé.
Et toutes nos opinions ne sont pas forcément des vérités.
Parfois, respecter l’autre consiste simplement à lui laisser son histoire.
Moins juger les autres, c’est peut-être aussi commencer à moins se juger soi-même.
Et derrière cette idée toute simple peut s’ouvrir un travail beaucoup plus profond : comprendre ce que notre regard sur les autres révèle de nos propres croyances, de notre vécu et de la manière dont nous nous percevons.
C’est aussi l’un des espaces que peut offrir une séance de kinésiologie à Clermont-Ferrand : prendre un temps pour soi, mettre davantage de conscience sur certains fonctionnements et avancer avec un regard différent sur son histoire.


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