Il y a des personnes qui ont besoin d’un cadre pour avancer.
Et puis il y a celles qui étouffent dès qu’on leur demande de rester à l’intérieur du cadre.
On les appelle parfois rêveurs, idéalistes, hypersensibles, dispersés, atypiques, éternels insatisfaits…
On leur conseille de « redescendre sur terre », d’être plus raisonnables, de choisir une voie stable, de faire comme tout le monde.
Mais si le problème n’était pas leur capacité à s’adapter ?
Et si, parfois, on cherchait simplement à dompter quelque chose qui n’a pas vocation à l’être ?
Le rêveur dérange parce qu’il imagine autrement
Le rêveur voit souvent des possibilités là où les autres voient des contraintes.
Il imagine un autre métier.
Une autre façon de travailler.
Un autre projet.
Une autre manière de vivre.
Il peut avoir envie de changer de direction alors que, sur le papier, tout va bien.
Et c’est justement ce qui peut être difficile à comprendre pour son entourage.
« Tu as pourtant un bon travail. »
« Pourquoi veux-tu tout changer ? »
« Tu devrais être content de ce que tu as. »
« Sois raisonnable. »
À force d’entendre ces phrases, certains finissent par ne plus écouter leurs propres envies.
Ils apprennent à être raisonnables.
À ne plus trop rêver.
À ne plus faire de vagues.
À choisir ce qui semble acceptable plutôt que ce qui leur correspond réellement.
Et parfois, leur corps finit par rappeler ce que leur tête tente de faire taire.
Rêver ne signifie pas fuir la réalité
Être rêveur ne signifie pas nécessairement être déconnecté de la réalité.
Un rêve peut être une intuition.
Une envie persistante peut être le signe qu’une partie de soi cherche une autre direction.
Une idée qui revient pendant des années mérite parfois d’être regardée autrement que comme une lubie.
Cela ne signifie pas qu’il faut tout quitter du jour au lendemain.
Ni que chaque envie doit devenir un projet.
Mais cela peut être intéressant de se demander :
Qu’est-ce que cette envie essaie de me dire ?
C’est particulièrement important dans les périodes de transition : changement professionnel, reconversion, création d’entreprise, séparation, déménagement, évolution personnelle…
Ces moments obligent souvent à faire un choix entre ce que l’on pense devoir faire et ce que l’on ressent réellement comme juste pour soi.
Quand le corps dit « stop »
Il arrive que la réflexion tourne en boucle.
« Je reste ou je pars ? »
« Je change de métier ou pas ? »
« Est-ce raisonnable ? »
« Est-ce que je prends un risque ? »
« Et si je me trompe ? »
On peut passer des semaines, voire des mois, à chercher la bonne réponse uniquement avec la tête.
La kinésiologie propose une autre manière d’explorer cette réflexion : prendre en compte les réactions corporelles et les ressentis associés à une situation.
Il ne s’agit pas de demander au corps de décider à votre place.
Encore moins de considérer une réaction corporelle comme une vérité absolue.
Il s’agit plutôt d’utiliser le ressenti comme une information supplémentaire, à mettre en perspective avec votre histoire, votre situation et votre réflexion.
Parce qu’une décision importante n’est pas toujours uniquement une équation logique.
Ne pas dompter, mais comprendre
Peut-être que certains rêveurs n’ont pas besoin d’être « recadrés ».
Peut-être ont-ils surtout besoin de comprendre ce qui les empêche d’avancer.
Peur de décevoir.
Peur de se tromper.
Besoin de reconnaissance.
Croyance selon laquelle il faut forcément réussir du premier coup.
Difficulté à abandonner une situation pourtant devenue inconfortable.
Ou simplement difficulté à faire la différence entre ce que l’on veut vraiment et ce que l’on a appris à vouloir.
Le travail peut alors consister non pas à dompter le rêve, mais à lui donner une forme suffisamment concrète pour qu’il puisse devenir un projet.
Car rêver et agir ne sont pas opposés.
Un rêve peut devenir une direction.
Puis une décision.
Puis une première étape.
Et si vous n’aviez pas besoin de devenir quelqu’un d’autre ?
C’est peut-être finalement la question la plus intéressante.
Faut-il réellement devenir plus raisonnable ?
Plus prévisible ?
Plus conforme ?
Ou peut-on apprendre à mieux fonctionner avec ce qui nous caractérise ?
Un rêveur peut avoir besoin de structure.
Un créatif peut avoir besoin d’organisation.
Une personne qui aime la liberté peut avoir besoin de contraintes choisies.
L’objectif n’est donc pas forcément de supprimer ce qui dépasse.
Mais de trouver le cadre qui permet à cette partie de soi de s’exprimer sans prendre toute la place.
C’est aussi ce que peut permettre un accompagnement en kinésiologie : prendre un temps pour mettre à plat ce qui se joue, identifier certains freins et retrouver davantage de clarté face à une situation.
Pas pour vous dire quoi faire.
Pas pour décider à votre place.
Mais pour vous permettre de mieux entendre ce qui se passe en vous.
Parce qu’au fond, on ne dompte pas les rêveurs.
On peut les aider à construire suffisamment de terrain pour que leurs rêves puissent, eux aussi, trouver leur place dans la réalité.


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